Bien le bonjour,
Aujourd’hui, voici un petit billet pour nos amis dessinateurs de caractères. Nous en connaissons un certain nombre qui, plutôt graphistes, ne développent les centaines de glyphes nécessaires pour composer dans toutes les langues utilisant l’alphabet latin, cyrillique & autres. Pour eux, donc, on fait cette note comme un appel à ne pas oublier les bretons. C’est pas qu’on ait un alphabet extrêmement particulier, mais certains glyphes sont notables.
La langue bretonne a cela de riche qu’elle n’a pas un orthographe mais plusieurs plus ou moins adaptables. L’utilisation de l’un ou l’autre correspond essentiellement à l’école linguistique à laquelle on appartient, par choix ou par simple habitude. On ne va pas rentrer dans le détail ici, ce n’est pas le sujet, mais globalement les différents orthographes s’appuient sur des choix linguistique laissant plus ou moins d’espace aux couleurs dialectales.
On profite donc de ce billet pour dire qu’on trouve honteux le choix de la Région de ne plus subventionner l’édition d’ouvrages ayant choisi un autre orthographe que leur favori. Il faut préciser qu’avec un peu de gymnastique on s’adapte assez bien au différents orthographes. C’est une question de bonne volonté. Si la standardisation à parfois du bon, son aspect excessif n’est utile en rien.
Mais revenons à nos moutons.
Voici l’alphabet qu’on utilise :
A B C’h Ch D E F G H I J K L M N O P R S T U V W Y Z
Ce sont les lettres qu’on utilise pour commencer un mot, mais on pourrait également y rajouter la suivante : Zh
En effet l’association de ces deux lettres étant en fait une adaptation orthographique pour s’adapter à des dialectes différents (certains prononceront le Z d’autre le H comme un H aspiré ou encore comme une jota espagnole).
On pourrait éventuellement y ajouter le Gw, bien que ce cas corresponde plus, à notre sens, aux associations du genre de GN en français.
Attentifs comme vous êtes vous aurez donc remarqués que 3 de nos lettres viennent de l’association de 2 glyphes différents. À ce titre, on préconise la création d’une ligature. Ce n’est certes pas nécessaire, mais une coquetterie qui n’est pas dénuée de sens. En effet, il est plus aisé de faire comprendre à des élèves que ces 2 glyphes formes une seule lettre si elle est visuellement liée. C’est d’ailleurs ce que nous nous attachons à faire, tout comme le graphiste Fañch le Henaff, dont les exemples en image sont tirés de son brito :

En ce qui concerne les diacritiques (les accents), le breton n’est pas très riche. Excepté le Ñ — qu’on vous invite donc à ne pas oublier ! — il n’existe pas d’autre accents que ceux utilisés en français : À Ê É Ü, ceux-ci sont rarement utilisés, mais ne les oubliez pas ! « Stêr » (rivière) ne veux pas dire la même chose que « ster » (sens, signification).
Par ailleurs, n’oubliez pas de dessiner un bel apostrophe ! Celui-ci est très souvent utilisé dans une langue qui à la couleur de l’oral !
Pour finir, on vous invite à ne pas oublier une autre lettre inexistante en français mais dont j’ai redécouvert, ignare que j’étais, l’existence il y a peu : le K barré, lettre a priori particulière au breton qui signifie Ker. Oui ce bon vieux Ker que tout bon touriste aime à dire qu’il signifie « chez ». Bien qu’en réalité, Ker ou Kêr, soit plus proche du « lieu habité » qu’importe sa taille (du hameau à la grande ville).

Si son usage est fréquent dans les archives manuscrites il est aujourd’hui quasi inexistant. Sans doute parce qu’il n’a eu une place dans l’unicode que depuis mars 2008. Il est donc représenté dans la table latin étendu D d’Unicode (5.1.0) par les codes suivants :
Capitale Ꝃ : U+A742 ;
Minuscule ꝃ : U+A743.
Autant dire, que enfoui sous une pile de quelques milliers de glyphes on vous invite à proposer une ligature k+e+r = k barré qui devrait être plus accessible.
Maintenant, vous voilà parés pour ne pas oublier vos copains bretonnants !